Beaucoup d’entreprises considèrent encore le recouvrement de créance comme une démarche de dernier recours, à engager seulement en cas de problème. Grave erreur. Pour recouvrer une créance efficacement, il faut agir rapidement : attendre trop longtemps réduit les chances de récupérer les sommes dues et expose l’entreprise à des tensions de trésorerie évitables.
Les retards de paiement ne sont pas qu’un simple désagrément : ils constituent un risque financier. Avec l’augmentation des impayés et l’allongement des délais de règlement, les entreprises qui n’anticipent pas le recouvrement amiable peuvent se retrouver contraintes d’engager un recouvrement judiciaire pour récupérer leur propre chiffre d’affaires.
Alors, que faire face à une facture impayée ? Comment structurer une procédure de recouvrement de créance efficace pour minimiser les impayés et accélérer les encaissements ? Quelles bonnes pratiques adopter et quelles erreurs éviter pour empêcher l’accumulation des créances clients ?
Dans cet article, découvrez comment structurer le recouvrement de créances en entreprise, de la relance amiable aux recours judiciaires, afin d’en faire un véritable levier stratégique.
Sommaire
- Qu’est-ce que le recouvrement de créance ?
- Quel est le cadre juridique du recouvrement de créance en France ?
- Quelle procédure de recouvrement de créance suivre ?
- Le recouvrement judiciaire : quelles procédures engager ?
- Que faire lorsqu’une créance ne peut plus être recouvrée ?
- Les erreurs courantes en matière de recouvrement
- Les 5 bonnes pratiques pour optimiser le recouvrement des créances
- Automatiser le processus de relance des factures impayées
- Comment HighRadius automatise les relances et priorise les dossiers
- Questions fréquentes sur le recouvrement de créance
Qu’est-ce que le recouvrement de créance ?
Le recouvrement de créance désigne l’ensemble des actions mises en place par une entreprise pour obtenir le paiement d’une facture arrivée à échéance. Le recouvrement des créances clients commence généralement par une phase amiable et peut se poursuivre par une procédure judiciaire en cas de non-paiement.
Les enjeux du recouvrement des créances clients
L’enjeu principal du recouvrement est d’assurer la bonne santé financière de l’entreprise en sécurisant l’entrée des liquidités. Un retard de paiement impacte directement la trésorerie et peut fragiliser l’équilibre financier. Plus les délais de règlement s’allongent, plus le besoin en fonds de roulement augmente, limitant ainsi la capacité d’investissement. Une politique de recouvrement des créances clairement définie permet d’anticiper ces risques et d’éviter d’éventuelles difficultés financières.
Qui sont les intervenants dans le recouvrement des créances ?
Le recouvrement des créances implique plusieurs acteurs, qu’ils soient internes à l’entreprise ou externes.
Parmi les équipes internes en entreprise, on retrouve :
- Les comptables et le service financier qui assurent l’émission des factures, le suivi des paiements et la comptabilisation des créances en souffrance.
- Le credit manager, dont le rôle est de déterminer les conditions de crédit accordées aux clients, d’évaluer leur solvabilité et de mettre en place des stratégies pour limiter les risques d’impayés.
Le responsable du recouvrement, ou collection manager, supervise le processus de relance et priorise les dossiers selon plusieurs critères, notamment le montant dû, le risque client et les habitudes de paiement. Il engage également, si nécessaire, des procédures contentieuses.Lorsqu’une entreprise peine à obtenir le paiement d’une facture, elle peut faire appel à des prestataires spécialisés :
- Les cabinets de recouvrement interviennent principalement lors de la phase amiable afin d’augmenter les chances de récupérer les créances impayées. Ils disposent de méthodes spécialisées pour négocier avec les débiteurs et peuvent accompagner le créancier avant l’engagement d’une action judiciaire.
- Les sociétés d’affacturage qui rachètent les créances à l’entreprise en échange d’une commission, garantissant un encaissement immédiat et transférant le risque d’impayé à l’affactureur.
- Les commissaires de justice, anciennement huissiers de justice, et les avocats interviennent en dernier recours pour mettre en œuvre des procédures légales contraignantes, telles que l’injonction de payer ou la saisie de biens. Le recours à un commissaire de justice pour le recouvrement devient notamment nécessaire pour signifier certains actes et exécuter un titre exécutoire.
Quel est le cadre juridique du recouvrement de créance en France ?
Le recouvrement de créances commerciales ne repose pas uniquement sur des actions de relance. Il s’inscrit dans un cadre légal strict qui encadre notamment les délais de paiement, les pénalités de retard et les recours ouverts au créancier.
La réglementation en vigueur sur les délais de paiement et les sanctions
En France, les délais de paiement entre professionnels sont encadrés par le Code de commerce, notamment par les dispositions issues de la loi de modernisation de l’économie (LME).
À défaut de délai convenu entre les parties, le paiement doit intervenir au plus tard 30 jours après la réception des marchandises ou l’exécution de la prestation. Les parties peuvent toutefois prévoir un délai maximal de 60 jours nets à compter de la date d’émission de la facture ou, à titre dérogatoire, de 45 jours fin de mois, à condition que cette modalité figure dans le contrat et ne constitue pas un abus manifeste au détriment du créancier.
Toute facture non réglée à l’échéance entraîne de plein droit des pénalités de retard et une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement. Le taux prévu dans les conditions de règlement ne peut pas être inférieur à trois fois le taux d’intérêt légal. Le Code de commerce recommande le taux directeur de la Banque centrale européenne majoré de 10 points. Lorsque les frais de recouvrement engagés dépassent 40 €, une indemnisation complémentaire peut être demandée sur présentation de justificatifs.

Quel est le délai de prescription d’une créance commerciale ?
Une créance ne peut pas être réclamée indéfiniment. Entre commerçants, ou entre un commerçant et un non-commerçant, le délai de prescription d’une créance commerciale est en principe de cinq ans à compter de son exigibilité, sauf délai spécial plus court. Pour une facture, le point de départ correspond généralement à la date d’échéance indiquée.
Une simple relance ne suffit pas, à elle seule, à interrompre la prescription. La reconnaissance de la dette par le débiteur ou une demande en justice peut en revanche interrompre le délai et faire courir une nouvelle période de prescription.
Avant d’engager une procédure de recouvrement judiciaire, qui peut entraîner des coûts et des délais importants, il est généralement préférable de combiner le recouvrement amiable, la mise en demeure de paiement et, si nécessaire, le recours à un cabinet spécialisé. Une procédure de recouvrement de créances clairement définie augmente les chances de débloquer la situation sans saisir le tribunal.
Quelle procédure de recouvrement de créance suivre ?
Un retard de paiement ne signifie pas nécessairement qu’un client est insolvable. Une procédure de recouvrement efficace repose sur la détection rapide des impayés et sur une escalade progressive des actions, afin d’obtenir le règlement tout en préservant la relation commerciale.

1. Identifier les signaux d’alerte des créances en souffrance
Une créance est considérée en souffrance dès qu’une facture dépasse son échéance sans avoir été réglée. Plus l’ancienneté de l’impayé augmente, plus le risque de non-recouvrement s’accroît. À ce stade, elle peut être enregistrée dans un compte en souffrance, ce qui facilite le suivi et la gestion des relances.
Le suivi des créances repose sur plusieurs indicateurs clés :
- Le retard de paiement est le premier signal d’alerte. Dès qu’une facture dépasse l’échéance prévue, elle doit être signalée afin d’adapter immédiatement la relance.
- Le DSO (Days Sales Outstanding) mesure le délai moyen de règlement des factures et permet d’anticiper d’éventuels problèmes de trésorerie.
- L’analyse des habitudes de paiement permet d’identifier les clients qui paient systématiquement en retard. Connaître leur historique facilite l’adaptation de la stratégie de relance.
- Les signaux financiers sont également à surveiller. Un changement de dirigeant, une baisse d’activité ou des avis de retard de paiement auprès d’autres fournisseurs peuvent révéler une fragilité financière et accroître le risque d’impayé.
Un suivi rigoureux de ces éléments permet d’agir rapidement et d’éviter que des créances courantes ne basculent en créances douteuses ou irrécouvrables.
2. Le recouvrement amiable : organiser des relances réactives
Une relance structurée et progressive augmente les chances d’obtenir un règlement rapide.
Les étapes de la relance amiableAvant toute action formelle, une approche bienveillante favorise une résolution rapide :
- Premier rappel (avant échéance) : un e-mailou un appel quelques jours avant la date limite pour confirmer la bonne réception de la facture et rappeler l’échéance.
- Relance immédiate après l’échéance : un message courtois indiquant que le paiement n’a pas été reçu et proposant de vérifier s’il y a un problème administratif (facture égarée, validation en attente).
- Deuxième relance (10 à 15 jours après l’échéance) : un ton plus ferme, rappelant les conditions contractuelles et les pénalités de retard encourues. À ce stade, un appel téléphonique est souvent plus efficace qu’un
e-mail.
- Troisième relance (30 jours après l’échéance) :
un courrier recommandé demandant un règlement dans un délai de huit jours, en mentionnant les éventuelles conséquences d’un non-paiement (mise en demeure, recours à un cabinet de recouvrement).
Pour en savoir plus sur la rédaction et le contenu des relances, consultez notre guide consacré aux lettres de recouvrement.

3. Formaliser la demande : mise en demeure de paiement et cabinet de recouvrement
Si le client ne réagit pas malgré les relances, il devient nécessaire de formaliser la demande par une mise en demeure de paiement. Le recours à un cabinet de recouvrement peut également accélérer le règlement sans passer immédiatement par les tribunaux.En dernier recours, une procédure de recouvrement judiciaire, comme l’injonction de payer ou l’assignation devant le tribunal, peut permettre d’obtenir un titre exécutoire et de contraindre le débiteur au paiement.
Comptabiliser le risque de non-paiement d’une créance client
Lorsqu’un doute sérieux apparaît quant à la capacité du client à honorer sa dette, il devient nécessaire de classer cette créance comme douteuse et d’anticiper une éventuelle perte comptable en constituant une provision.
Quand reclasser une créance client dans le compte 416 ?
Une créance est qualifiée de douteuse dès lors qu’un retard de paiement important ou une difficulté financière avérée du client laisse craindre un défaut de paiement. À ce stade, l’entreprise n’a pas encore renoncé à récupérer la somme due, mais elle sait que le risque de perte est élevé.
Plusieurs signaux peuvent indiquer qu’une créance doit être classée comme douteuse :
- Un retard de paiement prolongé, malgré plusieurs relances.
- Un contentieux en cours avec le client (litige, contestation de facture).
- Une situation financière dégradée du débiteur (baisse d’activité, licenciements, restructuration).
- Une information officielle sur la solvabilité du client (procédure de sauvegarde, redressement judiciaire).
Dès qu’une créance entre dans cette catégorie, elle doit être isolée dans la comptabilité et faire l’objet d’une provision. Pourquoi constater une dépréciation ?
Provisionner une créance douteuse permet à l’entreprise d’anticiper un éventuel impayé et d’éviter un impact brutal sur son résultat financier si la perte devient effective.
Les provisions pour créances douteuses jouent un double rôle :
- Elles permettent de refléter la réalité financière de l’entreprise en intégrant dans les comptes le risque de non-récupération.
- Elles préservent la rentabilité en répartissant l’impact de l’éventuelle perte sur plusieurs exercices comptables.
L’évaluation de la provision respecte le principe de prudence. Elle peut correspondre à tout ou partie du montant de la créance, en fonction du niveau de risque estimé.
Comment enregistrer le risque de non-recouvrement ?
Lorsqu’une créance devient douteuse, elle doit être enregistrée de manière spécifique dans la comptabilité de l’entreprise.

Étape 1 : constatation de la créance douteuse
L’entreprise continue d’enregistrer la créance dans ses comptes clients, mais elle la reclasse en créance douteuse pour assurer un suivi distinct.
Écriture comptable : le reclassement en créance douteuse
- Débit du compte 416 “Clients douteux ou litigieux”
- Crédit du compte 411 “Clients”
Étape 2 : constatation de la dépréciation de la créance
Une dépréciation est comptabilisée afin de constater le risque probable de non-recouvrement.
- Écriture comptable de la dépréciation de la créanceDébit du compte 68174 “Dotations aux dépréciations des créances ”
- Crédit du compte 491 “Dépréciations des comptes de clients ”
Étape 3 : suivi et mise à jour de la provision
Si la créance est finalement réglée, la dépréciation est reprise. En revanche, si la créance devient irrécouvrable, elle devra être définitivement passée en perte.
- Écriture comptable en cas de reprise de la dépréciationDébit du compte 491 “Dépréciations des comptes de clients ”
- Crédit du compte 78174 “Reprises sur dépréciations des créances ”
Le suivi des créances douteuses évite de surévaluer les comptes clients et permet de prendre des décisions sur les actions à mener (recouvrement intensifié, négociation, recours judiciaires).
Le recouvrement judiciaire : quelles procédures engager ?
Si le débiteur ne paie toujours pas après la mise en demeure, une procédure de recouvrement judiciaire peut permettre au créancier d’obtenir un titre exécutoire et de contraindre le débiteur au paiement.
L’injonction de payer, une procédure rapide et efficace
Pour une créance certaine, liquide et exigible, l’injonction de payer constitue une procédure généralement plus simple qu’une assignation. Dans le cadre d’une créance commerciale, le créancier dépose une requête auprès du tribunal compétent. Si la demande est acceptée, l’ordonnance doit être signifiée au débiteur par un commissaire de justice. Le débiteur dispose alors d’un mois pour former opposition. En l’absence d’opposition, le créancier peut demander l’apposition de la formule exécutoire afin d’engager, si nécessaire, des mesures d’exécution forcée.
L’assignation en justice, une procédure plus longue mais adaptée aux litiges
Si le débiteur conteste la créance ou si l’injonction de payer n’aboutit pas, le créancier peut engager une assignation en justice. Cette procédure nécessite généralement l’intervention d’un avocat et implique une audience devant le tribunal. Le juge rend ensuite une décision qui, si elle est favorable au créancier, oblige le débiteur à payer.
La saisie des biens, dernier recours pour récupérer la créance
Une fois un titre exécutoire obtenu, un commissaire de justice peut mettre en œuvre une mesure de saisie portant notamment sur les comptes bancaires, les véhicules, le matériel professionnel ou les biens immobiliers du débiteur.Cette action permet de récupérer tout ou partie de la somme due, mais reste une solution de dernier recours, souvent plus complexe à mettre en œuvre.
Combien coûte une procédure de recouvrement judiciaire ?
Le coût d’un recouvrement judiciaire dépend de la procédure choisie, du montant de la créance, de la juridiction compétente et des professionnels sollicités. Une injonction de payer peut notamment entraîner des frais de greffe pour certaines créances commerciales. Des frais de signification et d’exécution facturés par le commissaire de justice peuvent également s’ajouter, ainsi que les honoraires d’un avocat lorsque son intervention est nécessaire.
Les tarifs réglementés et les frais applicables peuvent évoluer. Il convient donc de consulter les informations officielles publiées par Service Public et la Chambre nationale des commissaires de justice, puis de demander un devis avant d’engager la procédure. Le juge peut, dans certaines situations, mettre tout ou partie des frais de procédure à la charge du débiteur.
Une fois la créance récupérée ou déclarée irrécouvrable, il reste une étape : sa comptabilisation. Maîtriser ce processus permet d’éviter des erreurs financières et d’anticiper l’impact sur la trésorerie de l’entreprise.
Que faire lorsqu’une créance ne peut plus être recouvrée ?
Lorsqu’une créance est définitivement perdue, elle doit être classée comme irrécouvrable et comptabilisée en perte. À ce stade, toutes les tentatives de recouvrement ont échoué et il n’est plus possible d’obtenir le paiement du client.
Quand constater la perte définitive ?
Une créance devient irrécouvrable lorsque le client est dans l’incapacité totale de payer ou que toutes les actions judiciaires et recouvrements engagés ont abouti à une impasse.

Comment comptabiliser la perte sur une créance client ?
Lorsqu’une créance est déclarée irrécouvrable, elle doit être sortie des comptes clients et enregistrée en perte définitive.
Étape 1 : comptabilisation de la perte si aucune dépréciation n’avait été constatée
La créance est sortie des comptes pour son montant total. La perte est comptabilisée pour le montant hors taxes, tandis que la TVA collectée peut être régularisée lorsque les conditions fiscales sont remplies.
Écriture comptable :
- Débit du compte 654 « Pertes sur créances irrécouvrables », pour le montant hors taxes ;
- Débit du compte 44571 « TVA collectée », pour le montant de la TVA à régulariser ;
- Crédit du compte 416 « Clients douteux ou litigieux », pour le montant toutes taxes comprises.
Étape 2 : reprise de la dépréciation si elle avait été constatée
La dépréciation devenue sans objet doit d’abord être reprise :
- Débit du compte 491 « Dépréciations des comptes de clients » ;
- Crédit du compte 78174 « Reprises sur dépréciations des créances ».
La créance est ensuite sortie des comptes :
- Débit du compte 654 « Pertes sur créances irrécouvrables », pour le montant hors taxes ;
- Débit du compte 44571 « TVA collectée », pour le montant de la TVA à régulariser ;
- Crédit du compte 416 « Clients douteux ou litigieux », pour le montant toutes taxes comprises.
La régularisation de la TVA reste soumise aux conditions prévues par l’administration fiscale, notamment à la justification du caractère définitivement irrécouvrable de la créance.
Vous l’aurez remarqué, le recouvrement des créances peut être un processus long, surtout pour les entreprises qui gèrent un volume important de factures impayées. Des erreurs récurrentes ralentissent la récupération des paiements et augmentent le risque de perte.
Les erreurs courantes en matière de recouvrement
Les équipes de recouvrement font face à plusieurs obstacles qui compliquent la gestion des créances :
1. Un manque de structuration du processus de recouvrement
L’absence d’un processus standardisé entraîne une gestion irrégulière des relances. Sans cadre défini, certains clients sont relancés trop tard, tandis que d’autres peuvent recevoir des messages incohérents d’interlocuteurs différents. Un suivi précis évite la dispersion des actions et garantit une relance efficace.
2. Une mauvaise gestion des priorités
Toutes les créances ne nécessitent pas le même niveau d’attention. Prioriser les actions en fonction de critères comme le montant de la créance, l’ancienneté de l’impayé, l’historique de paiement du client ou encore son niveau de risque permet d’optimiser l’efficacité des relances. Cependant, il faut noter qu’une gestion manuelle de cette priorisation devient rapidement chronophage et inefficace lorsque les volumes de créances augmentent.
3. Des approches qui manquent de réactivité
Attendre plusieurs semaines avant de relancer un client diminue fortement les chances de paiement. À l’inverse, une approche trop agressive dès le premier retard peut détériorer la relation commerciale. L’équilibre entre réactivité et flexibilité est essentiel pour maximiser les chances de règlement.
Un suivi insuffisant des habitudes de paiement des clients
Ne pas analyser les comportements de paiement rend difficile l’anticipation des risques. Certains clients ont des antécédents de retard répétés, tandis que d’autres peuvent être en difficulté passagère.
Adapter la stratégie de recouvrement en fonction du profil de chaque client améliore les chances de recevoir le paiement d’une créance.
Les 5 bonnes pratiques pour optimiser le recouvrement des créances
Pour structurer et fluidifier le recouvrement des créances, plusieurs leviers peuvent être mis en place. Ensemble, ces leviers permettent de formaliser une politique de recouvrement des créances cohérente, applicable à l’ensemble des clients et des factures :

Mettre en place une politique de crédit claire
L’optimisation du recouvrement commence dès la définition d’une politique de crédit adaptée au profil des clients.Définir des conditions de paiement adaptées au profil des clients, avec des délais réalistes et des garanties (acompte, assurance-crédit, pénalités en cas de retard), réduit le risque d’impayés en amont.
Structurer les relances selon un calendrier précis
- L’efficacité des relances repose sur un enchaînement progressif de prises de contact :
- J-5 avant échéance : une notification préventive pour éviter un retard involontaire.
- J+1 après échéance : un message courtois pour signaler l’absence de paiement.
- J+10 à J+15 : une relance plus ferme, mentionnant les conditions contractuelles.
- J+30 : une mise en demeure officielle avec un délai final avant recours externe.
Adapter la communication à la relation client
Une relance efficace ne se limite pas à envoyer des emails standardisés. Personnaliser les messages en fonction du contexte et de l’historique du client améliore considérablement le taux de réponse.
- Un client ponctuellement en retard pourra être relancé avec souplesse.
- Un client habitué aux retards devra recevoir un message plus ferme.
- Un client en difficulté financière pourra bénéficier d’une solution négociée (paiement en plusieurs fois).
Prioriser les actions selon des critères clairs
ertaines créances méritent d’être traitées en priorité en raison de leur montant, de leur ancienneté ou du risque de non-paiement. Attribuer les tâches en fonction de ces critères permet de concentrer les efforts là où ils auront le plus d’impact.
Pour cela, le rapport d’ancienneté des créances (ou l’aging report) permet de classer les factures en fonction de l’ancienneté de l’impayé. Cette technique facilite l’identification des dossiers à traiter en priorité.
Centraliser le suivi des créances
Un bon recouvrement repose sur une vision globale en temps réel des impayés. Tenir un tableau de bord structuré avec un historique détaillé des actions menées garantit un meilleur suivi et évite les erreurs de relance au sein de l’équipe.
Toutes ces bonnes pratiques permettent d’optimiser la gestion des impayés, mais lorsqu’elles sont appliquées manuellement, elles deviennent extrêmement chronophages. Plus le volume de créances à traiter est important, plus les équipes de recouvrement passent du temps sur des tâches répétitives et administratives, au détriment des actions à forte valeur ajoutée.
L’automatisation via un logiciel de recouvrement permet de structurer les relances, de prioriser les tâches intelligemment et d’améliorer la productivité des équipes.
Automatiser le processus de relance des factures impayées
La gestion manuelle du recouvrement est inefficace dès que le volume de créances impayées devient important. Les solutions de recouvrement automatisées permettent de structurer chaque étape du processus, réduisant ainsi les délais de paiement et minimisant le risque d’impayés. Elles libèrent également les équipes des tâches répétitives, leur permettant de se concentrer sur les actions à forte valeur ajoutée.
Quels avantages apporte l’automatisation des relances ?
L’un des premiers bénéfices est l’automatisation et la structuration des relances. Plutôt que de gérer les relances manuellement, un logiciel permet de planifier et d’envoyer des emails, des courriers et des rappels de paiement selon un calendrier défini. Ces relances sont personnalisées en fonction du comportement du client et de son historique de paiement, ce qui maximise leur efficacité.
Un autre avantage clé est la priorisation des actions. Toutes les créances ne nécessitent pas le même niveau d’attention. Un logiciel intelligent classe automatiquement les factures impayées en fonction de critères tels que le montant dû, l’ancienneté de la dette ou encore le risque client. Les équipes de recouvrement peuvent ainsi se concentrer sur les dossiers les plus critiques et traiter les cas les plus urgents en premier.
La vision en temps réel et la collaboration entre équipes sont également des éléments pour assurer un recouvrement efficace. Un bon logiciel centralise l’ensemble des informations sur les créances, offrant un accès instantané aux statuts des paiements, à l’historique des relances et aux interactions avec les clients. Cette transparence permet une meilleure coordination entre les services finance, comptabilité et recouvrement. De plus, les KPI clés comme le DSO, le taux de recouvrement ou le CEI peuvent être suivis directement depuis l’interface du logiciel, offrant une vue détaillée de la performance et facilitant l’ajustement des stratégies.
Enfin, les logiciels les plus avancés intègrent des analyses prédictives. Grâce à l’analyse des données de paiement et des comportements clients, ils sont capables d’identifier en amont les clients à risque et de proposer des actions adaptées pour maximiser les chances de récupération.
En accélérant les encaissements et en réduisant le volume des créances en souffrance, les entreprises améliorent leur trésorerie tout en allégeant la charge de travail des équipes financières.
Comment HighRadius automatise les relances et priorise les dossiers
HighRadius s’appuie sur l’IA et sur l’analyse des données en temps réel pour automatiser les relances et prioriser les actions selon le risque client. La plateforme aide ainsi les équipes à concentrer leurs efforts sur les dossiers qui nécessitent le plus d’attention et à adapter leurs interactions avec les débiteurs.
Des résultats concrets :
Les entreprises utilisant HighRadius observent une réduction des impayés de 20 %, grâce à une segmentation plus fine des clients et des relances plus ciblées. Les équipes de recouvrement constatent une augmentation de 30 % de leur productivité, grâce à la centralisation des tâches et à l’automatisation des actions répétitives. En effet, elles constatent qu’elles doublent leur nombre d’appels, elles envoient dix fois plus d’emails automatisés et elles sont capables de traiter quatre fois plus de clients en souffrance chaque semaine.
C’est notamment le cas de Ferrero, qui a considérablement amélioré l’efficacité de ses opérations de recouvrement tout en réduisant ses coûts.
L’intégration d’un logiciel de recouvrement ne se limite pas à l’automatisation des relances. HighRadius transforme le recouvrement en un processus intelligent et prédictif, permettant aux entreprises d’améliorer leur trésorerie et de sécuriser leurs encaissements.
Si cette solution vous intéresse, prenez contact avec nos experts pour en savoir plus !
Questions fréquentes sur le recouvrement de créance
Comment recouvrer une créance impayée ?
Pour recouvrer une créance impayée, il faut d’abord vérifier qu’elle est certaine, liquide et exigible. L’entreprise peut ensuite contacter le client au moyen de relances amiables progressives. En l’absence de paiement, elle peut lui adresser une mise en demeure de paiement, puis envisager le recours à un cabinet spécialisé ou une procédure de recouvrement judiciaire, comme l’injonction de payer.
Quelle est la différence entre le recouvrement amiable et le recouvrement judiciaire ?
Le recouvrement amiable vise à obtenir le paiement sans saisir le tribunal, au moyen de rappels, de relances, de négociations ou d’une mise en demeure. Le recouvrement judiciaire intervient lorsque ces démarches échouent. Il consiste à saisir la juridiction compétente afin d’obtenir un titre exécutoire permettant, si nécessaire, de contraindre le débiteur au paiement.
Combien coûte une procédure de recouvrement judiciaire ?
Le coût d’une procédure de recouvrement judiciaire varie selon la procédure choisie, le montant de la créance, la juridiction compétente et les professionnels sollicités. Des frais de greffe, des frais de commissaire de justice et des honoraires d’avocat peuvent notamment s’appliquer. Il est recommandé de consulter les tarifs officiels à jour et de demander un devis avant d’engager la procédure.
Quel est le délai de prescription d’une créance commerciale ?
En France, le délai de prescription d’une créance commerciale est en principe de cinq ans à compter de son exigibilité, sauf disposition spéciale prévoyant un délai plus court. Pour une facture, le point de départ correspond généralement à la date d’échéance. Certaines actions, comme une demande en justice ou la reconnaissance de la dette par le débiteur, peuvent interrompre ce délai.
Qui peut engager le recouvrement d’une créance ?
Le créancier peut mener lui-même les démarches amiables ou les confier à son service financier, à son équipe de recouvrement ou à un cabinet spécialisé. Lorsqu’une procédure judiciaire devient nécessaire, il peut faire appel à un avocat ou à un commissaire de justice selon la démarche engagée. Seul un professionnel habilité peut mettre en œuvre les mesures d’exécution forcée fondées sur un titre exécutoire.